Employeurs, pourquoi l’Outplacement est une stratégie de Business ?

Pour les cadres, la relation de travail s’accompagne le plus souvent d’un investissement personnel important. Malgré cette implication, l’entreprise peut avoir à décider de se séparer de l’un de ses collaborateurs clé. Plus l’engagement a été fort et plus le choc de la séparation peut être violent. En ce cas, les conséquences peuvent être dommageables pour chacune des deux parties.

Aussi, un accompagnement individuel sous forme d’Outplacement présente de nombreux avantages. On peut les classer selon trois catégories.

Morale et éthique

Un collaborateur et un dirigeant ayant travaillé en proximité, ont souvent noué une relation particulière. Aussi, il est important de clore une relation professionnelle dans la sérénité et l’apaisement.

Pour les entreprises, se préoccuper du rebond professionnel de ses cadres, c’est reconnaître qu’ils ont de la valeur, mais que les circonstances n’étaient pas forcément réunies pour que leurs compétences bénéficient pleinement à l’entreprise. Il ne s’agit pas ici de désigner un fautif, ou de dire qui est à l’origine de la rupture, mais de décider conjointement que la séparation est la meilleure solution pour les deux parties.

Lors de la rupture du contrat de travail, le lien de subordination disparaît. Proposer un outplacement à son collaborateur, c’est se positionner à nouveau dans une relation d’égal à égal et permettre au salarié de sortir la tête haute. Se projeter dans sa recherche d’emploi alors que l’on est encore en poste permet de fluidifier la transition professionnelle et de garder sa confiance en soi.

Offrir au cadre, la possibilité de bénéficier d’un outplacement, raccourcit considérablement le délai de retour à l’emploi ne serait-ce qu’en minimisant le caractère vexatoire de la rupture.

Juridique et économique

La législation du travail est extrêmement compliquée et changeante. Les failles sont nombreuses et sources d’insécurité forte pour l’employeur. Bien sûr, l’entreprise peut avoir une approche strictement juridique du départ et chercher à sécuriser au maximum les conditions de la séparation. Si cette approche permet de réduire le risque juridique (si tant est que le risque zéro existe), elle a l’inconvénient de déshumaniser la relation entre les parties. Le salarié se sent alors réduit à un objet du droit et sa volonté de contester le licenciement s’en trouve accrue.

Le meilleur moyen de se prémunir du risque prud’homal est de bien considérer le collaborateur lors de son départ. Si ce dernier a le sentiment d’avoir été respecté et de partir la tête haute, il ne cherchera pas à contester les conditions de son départ.

En incluant un outplacement dans un package de départ, le coût de départ est maîtrisé et le dossier est clos. L’entreprise se concentrera sur l’intégration du successeur et l’ex-salarié sur la recherche d’un nouveau challenge professionnel.

Honoré de Balzac l’avait annoncé en son temps : « Un mauvais arrangement, vaut mieux qu’un bon procès ».

Un outil de motivation et de cohésion sociale pour le reste de l’équipe

Traitez bien les personnes qui partent, celles qui restent s’en souviennent.

Bien souvent, les salariés comprennent les raisons qui poussent l’entreprise à prendre sa décision de se séparer de l’un des leurs. Toutefois, les collègues sont très sensibles à la forme et à la manière dont est traité le salarié partant. Une procédure de départ prend du temps et s’il existe une situation conflictuelle, il y a un risque qu’une ambiance délétère se répande au sein de l’équipe. Prendre un tel risque aujourd’hui, peut nuire à l’entreprise à plusieurs niveaux :

  • En interne. À l’occasion de tout changement de périmètre d’une équipe, un nouvel équilibre est à trouver. Si ce nouvel équilibre se fait en situation de tension, cela influera sur le niveau de motivation et des velléités de départ peuvent exister au sein de l’équipe​
  • L’esprit d’initiative. Pour le reste de l’équipe, savoir qu’en cas « d’échec », le cadre sera bien considéré par l’entreprise, permet de se lancer plus sereinement vers un poste ou une nouvelle mission en interne​
  • En externe. La « publicité » négative d’une procédure prud’homale et le discours du cadre sortant peuvent être dévastateurs sur l’image de l’entreprise (spécialement dans les secteurs hyper spécialisés)​
  • La marque employeur. Dans un contexte de guerre des talents, tous les éléments comptent. Le travail sur l’amélioration de l’expérience candidat et la mise en avant des valeurs de Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, ne doivent pas être ternies par une mauvaise e-réputation​

Employeurs, prenez du recul et ne faites pas d’une séparation une question personnelle. Savoir se séparer d’un collaborateur est d’abord une affaire de business.